Assises à Rouen

Un Cantilien, âgé de 45 ans, est renvoyé à partir de jeudi et jusqu’à vendredi devant la cour d’assises de Seine-Maritime pour avoir involontairement provoqué la mort d’un homme lors d’une altercation dans un bar.

Les faits sont anciens et remontent au dimanche 11 septembre 2011. Selon l’avocat de la défense, Me Alexis Julia, en début de soirée, l’accusé et son frère se rendent dans un café-tabac à Déville-lès-Rouen, près de Rouen, dans le cadre de la Saint-Siméon (fête traditionnelle de la commune) pour acheter des cigarettes. Les deux hommes doivent se frayer un chemin dans la foule des clients. Dans la confusion, un homme, la victime, aurait été bousculé par le frère de l’accusé. Ne supportant pas d’avoir été chahutée, la victime se serait saisie d’un verre et l’aurait brisé sur la tête du frère du mis en cause. Ce dernier a eu des coupures au bras notamment. « Nous n’avons aucune certitude sur ce point », a tenu à souligner l’avocate des parties civiles qui n’a pas souhaité s’exprimer davantage sur le dossier avant la tenue du procès.

La chute à l’origine de la mort

« Pour protéger son frère et lui-même, mon client a donné deux coups de poing à celui qui venait de l’agresser, pour le repousser, explique l’avocat de la défense, Me Alexis Julia qui compte plaider la légitime défense. Mon client indique également que la victime détenait encore un morceau de verre fracassé dans la main, et qu’il s’est donc senti menacé. » Le quadragénaire a alors porté deux coups de poing au visage de la victime qui a chuté au sol, sur la tête. Elle est décédée deux semaines plus tard à l’hôpital des suites de ses blessures. Elle souffrait d’un hématome sous-dural. Les experts et l’autopsie ont révélé que la chute était à l’origine de son décès. La corrélation entre la chute et sa mort étant établi, le quadragénaire a été renvoyé devant les assises pour « violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». « La seule chose dont nous soyons sûrs dans ce dossier c’est que c’est la chute de mon client, de santé fragile, qui a provoqué sa mort, et ceci après avoir reçu deux coups de poing violents au visage, alors qu’il se trouvait dans un bar avec sa mère et des amis », a précisé l’avocate des parties civiles.

Dans cette affaire, l’accusé qui occupe un emploi stable, n’a jamais été incarcéré ; il est resté, tout au long de la procédure, sous contrôle judiciaire. Comme la victime, le Cantilien était connu des services de la justice, mais pas pour des faits de violences.